Comment se rapprocher du Zéro Déchet dans un pays qui n’est pas eco-friendly ?

En arrivant au Koweït, toutes mes habitudes prises en France pour l’environnement ont été mise à mal. Pour être honnête, j’ai ressenti une sorte d’euphorie, voire de liberté. Du jour au lendemain, plus d’eau ni d’electricité à payer. Plus de sacs plastiques à payer. Plus besoin de trier mes déchets ! Mais on ne peut pas désapprendre ce que l’on a appris… Alors, comment on se rapproche du Zéro Déchet quand on vit dans un pays pour qui l’environnement n’est pas encore un sujet ?

Le Koweït : nous d’abord, la planète après.

Quand on arrive au Koweït, le plus impressionant c’est de voir à quel point c’est un pays de service. A l’aéroport, il y a des gens qui ramassent vos baggages pour vous. Et puis les chauffeurs de taxi se jettent sur vous pour mettre vos valises dans le coffre.

Après vos courses, le concierge de votre immeuble vient vous aider à vider votre coffre. Quelqu’un met l’essence dans votre voiture, et vous pouvez même laisser tourner le moteur pour profiter de la clim. Au supermarché, on ensache vos courses et on vous les apporte jusqu’à votre coffre. Vous pouvez tout vous faire livrer à domicile.

Vous pouvez appeler une entreprise qui viendra laver votre voiture. Interieur et exterieur. Ou un mec pour réparer votre téléphone. Ou des masseuses. Je sais que ça se fait en France, mais je vous promet que pas à ce point là.

Du coup, ça éduque les gens à être centré sur eux-même car il y a toujours quelqu’un pour les servir. On se retrouve donc avec des gens qui ne font pas d’efforts, pas même celui de mettre les déchets dans une poubelle.

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Une pollution liée à un manque d’éducation

Parfois, quand je parle de la question environnementale à des gens au Koweït, j’ai l’impression de revoir la France il y a dix ans. L’autre jour, je vais au bakala (épicerie) avec un ami Koweïtien. On achète trois glaces et une bouteille d’eau. A nous deux, nous avons quatre mains. Mais l’épicier met tout dans un sac plastique bleu et personne ne semble voir le problème.

Avec mon éducation française, j’imagine déjà le sac bleu voler dans les rues… s’arrêter un peu sur le sable… et enfin finir dans la mer, emporté par la marée… Puis dans l’assiette des futurs générations à cause des poissons qui l’auront mangé.

Je dis à l’épicier que nous n’avons pas besoin de sacs plastiques. J’ai deux paires d’yeux qui me regardent comme si je venais d’une autre planète. Et nous sortons finalement avec nos glaces et notre bouteille d’eau dans les mains.

Et nous ne sommes pas morts.

Alors si vous vivez en France, ça fait longtemps que vous ne pouvez pas avoir un sac plastique gratuitement... Ici, ils en utilisent tellement… Et peu semble choqué ! Mais peut être que vous comprenez de quoi je parle si vous vivez dans un pays pour qui l’environnement n’est pas une priorité.

Concrètement on fait quoi ?

En premier lieu, j’explique toujours comment ça se passe en France. « Tu sais qu’on paye nos sacs plastiques ? » ou « Tu sais qu’on paye l’eau et l’electricité ? » En fait, j’essaye d’abord d’expliquer aux gens qu’un jour le Koweït sera obligé de se  préoccuper de l’environnement. Et ce jour là, comme en France, le problème sera économique et plus seulement environnemental.

C’est mieux de réagir maintenant et de garder des privilèges en étant un peu responsable, non ?

Et ensuite, on agit. Même si ça semble basique, même si ça semble être détail, il faut commencer par changer soi même avant de voir le monde changer.  Je garde en tête que je peux être une inspiration. Parce que le problème environnemental au Koweït vient d’un manque cruel d’éducation.

Devrais-je garder ce que j’ai appris en France ces dix-quinze dernières années ? Non, je peux et je dois le partager. Alors voici cinq conseils, facile à mettre en place, même dans les pays qui ne sont pas éco-friendly.

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(1.) Ne jetez rien par terre.

Celui ci ne compte pas… C’est le basique, mais dans certains pays (le Koweït, par exemple) ce n’est pas respecté. Ne jetez rien par terre, ne jetez rien par les fenêtres de votre voiture.

Ne. Jetez. Rien. Par. Terre.

Mettez les choses dans une poubelle, elles sont prévues à cet effet.

1. Utilisez le moins de bouteilles en plastique possible.

Au Koweït, je ne bois pas l’eau du robinet. Parce que l’eau n’est pas potable et le filtre donne un goût que je n’aime pas. Du coup, je suis condamnée à acheter des bouteilles en plastique.

Sachez un truc important : au Koweït, vous pouvez acheter vos bouteilles par palette. Je suis déjà rentrée chez moi avec 12 bouteilles d’1.5L, 26 de 330mL et 12 de 250mL. Et ça me suffit pour deux semaines à peine. Et c’est comme ça dans la plupart des maisons. Un invité ? On ne lui offre pas un verre d’eau mais une petite bouteille…  Je sors ? Deux bouteilles de 330mL dans mon sac.

On arrive facilement à plus de cinquante bouteilles pour deux semaines. 

Premier pas ? Acheter une bouteille réutilisable ! Il y a toujours un moyen de la remplir. Quand je vais à la salle de sport, il y a deux fontaines et des centaines de petites bouteilles d’eau. Devinez vers quoi se tournent tous les gens qui s’entrainent ? Les bouteilles… Alors que si chacun ramenait sa gourde, ça serait plus d’une centaine de bouteilles non jetées par semaine.

2. Et celles que vous êtes obligés de consommer, recyclez les !

Je suis condamnée à acheter des bouteilles en plastique. Même si j’achète une fontaine, je devrais acheter les bonbonnes en plastique de 5litres. Alors j’ai cherché un moyen et j’ai trouvé Omniya. Ils recyclent le plastique au Koweït.

Certains sont sceptiques, mais je prefère prendre l’habitude du tri. Parce que même s’ils ne font rien, je prends de bonnes habitudes pour le jour où le gouvernement mettra quelque chose en place.

recyclez !

3. Dites non aux sacs plastiques.

Vous allez à l’épicerie parce que vous avez besoin de beurre. Le monsieur met le beurre dans un sac plastique. Vous rentrez chez vous, vous mettez le beurre au frigo et le sac plastique ? Il va rester sur cette planète pendant des décennies, le temps de se dégrader et de nourrir la terre ou la mer dans laquelle il aura attérit.

A la place, prenez le beurre dans votre main.

Et pour vos grosses courses, utilisez des sacs que vous pouvez réutiliser. Des totes bags souvenirs ou vos sacs Ikea par exemple. Je sais par experience qu’on a toujours plein de sacs que l’on utilise pas. Et si votre supermarché préféré en vend, achetez en quelques uns.

4. Dites non aux gobelets en carton.

C’est très trendy d’aller chez Starbucks et de prendre une boisson à emporter. Ensuite, vous prenez la photo de votre gobelet parce que le barista a mal écrit votre nom. Et puis, vous buvez le contenu et jetez le contenant.

Durée de vie du gobelet : de 5 minutes à 1 heure, ça dépend si vous êtes un glouton ou si vous profitez de votre boisson au maximum.

Déjà, je suis toujours un peu gênée par le fait d’être une publicité pour une enseigne. Je le suis déjà avec mon téléphone, mes vêtements et mes accessoires… Mais surtout, ce gobelet est un déchet facilement évité.

Achetez un mug que vous pouvez réutiliser. Votre café préféré en vend sûrement ! Si vous restez sur place, insistez bien pour avoir votre café dans le mug et pas dans le gobelet.

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5. Utilisez des shampoings et savons solides.

Et laissez tomber les bouteilles !

Un matin, alors que j’étais dans ma salle de bain en train de prendre ma douche… Et je réalise que je suis entourée de déchets inutiles. Pourquoi est-ce que j’ai un gel douche dans une bouteille alors qu’un pain de savon fera le même taff (c’est à dire me laver ?)

Chez Lush, ils vendent des shampoings solides et vous pouvez acheter la petite boite de rangement. Je sais que les shampoings solides de chez Lush ne sont pas forcément 100% éco-friendly mais je pense que c’est un premier pas… Et que chaque petit pas est important. 

(6). Répandez la bonne parole et soyez une inspiration !

Aujourd’hui, à la salle de sport, j’ai réalisé que tous mes discours n’étaient pas vains. Mon ami m’a dit « je vois que tu m’influences quand j’ai demandé s’ils avaient vraiment besoin de toutes ces bouteilles d’eau ! » 

Honnêtement, ça a été une sorte de feu d’artifice dans ma tête ! Si j’insiste auprès de lui, il insistera auprès des autres et c’est l’effet domino. J’espère pouvoir, dans quelques mois, être un peu moins timide et demander plus de fontaines et moins de bouteilles.

J’offre des sacs réutilisables aux occasions et même des mugs réutilisables. Je refuse les pailles et les couverts en plastique, je me promène avec des gourdes réutilisables (une pour le sport, une au quotidien)

Parce que quand on parle de la fonte des glaces ici, ça ne touche pas grand monde… Par contre, si on prouve qu’on peut faire des changements sans impact sur le quotidien, il y a des chances d’être suivi.

Rien à gagner, mais rien à perdre non plus, alors pourquoi ne pas essayer ?

Et si tu veux voir un peu plus de ma vie au Koweït, tu peux me suivre sur Instagram !

4 Comments

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Audrey

    Coucou Liz !

    Je trouve ça vraiment génial que tu puisses influencer tes amis dans le bon sens. Il est vrai qu’au Koweït les choses doivent être un peu « à la ramasse » niveau écologie, alors cela ne fait pas de mal de partager les bons gestes pour qu’ils puissent se répandre !
    Bisous
    Audrey

    • 3
      Eliz

      Salut Thomas 🙂

      Ha ! Quelle bonne question ! Je pourrais écrire un article entier pour y répondre… Sur certains points, le Koweit et moi sommes à des milliers de kilomètres l’un de l’autre. Et puis, sur d’autres points, je me sens ici tellement bien qu’au lieu de partir parce que certaines valeurs ne me ressemblent pas, eh bien je me dis que je peux changer ça.

      Et ça change… Quatre ans que je suis ici et ça change… Je regrette de ne pas avoir commencé ce blog à mon arrivée au Koweït car il y a quatre ans, par exemple, le véganisme était vraiment une abbération. Aujourd’hui, on trouve des produits vegan, des restaurants vegan et de plus en plus d’alternatives vegan (ou au moins végétarienne) Quand je suis arrivée, j’étais l’une des seules à courir dehors, maintenant il y a de plus en plus de groupes de runners.

      C’est aussi parce que je trouve interessant de vivre le changement d’un pays…

Quelque chose à ajouter ? :)