5 habitudes que j’ai prises au Koweït

Chaque expatrié vous le dira. Vivre à l’étranger nous oblige à changer nos habitudes de vie. Chaque pays a son rythme et c’est parfois vraiment difficile de garder les habitudes de notre pays d’origine. « À Rome, fais comme les Romains ! » Être expatrié nous donne cette chance de pouvoir piocher parmi les habitudes que l’on accepte de prendre et celles que l’on rejette. Petit tour d’horizon sur cinq habitudes que j’ai prises une fois arrivée au Koweït.

Ne plus mettre d’essence.

Attention ! Je ne dis que je ne mets plus jamais d’essence dans ma voiture, non ! Nous ne sommes toujours pas à ce niveau là… Mais par contre, quand je vais mettre de l’essence, oui, je ne descends pas de ma voiture.

Je me rappelle quand j’ai passé mon permis en France, pendant une des heures de conduite, je suis allée mettre de l’essence. Comme tout, c’est quelque chose que l’on apprend. Mettre de l’essence, même si c’est pas difficile, ce n’est pas non plus inné ! Il faut apprendre à le faire. Me voilà du haut de mes vingt-et-un ans à mettre de l’essence avec mon moniteur à côté qui m’explique ce que je dois faire.

La première fois que j’ai mis de l’essence dans ma Polo, j’étais totalement paniquée. Quel sans-plomb je dois mettre ? Comment ? Au secours, comment je paye ? Je suis quelqu’un qui panique beaucoup dans des situations inconnues alors là… L’angoisse.

Et puis un jour, ici au Koweït, j’ai besoin de mettre de l’essence dans ma Toyota. Je vais à la station service. J’ouvre la fenêtre, je dis bonjour et il me demande ce qu’il doit mettre… Je dis que je ne sais pas mais je veux full. Lui il sait, alors il fait le taff pendant que je suis dans ma voiture. Je lui tends le cash par la fenêtre – et un pourboire – et c’est la fin de la transaction.

Alors la première fois que je suis venue en France après ça, quand ma mère est sortie de la voiture pour mettre de l’essence, c’est totalement détendue que je lui ai demandé « mais tu vas faire quoi ? »

De la difficulté à ranger ses courses.

C’est une habitude que je perds de plus en plus parce que j’ai décidé d’arrêter les sacs plastiques quand je fais mes courses. Mais le choc la première fois que j’ai fait mes courses.

J’arrive près de la caisse avec mon panier plein à ras bord. Un monsieur me voit, il court littéralement vers moi et vide mon caddie sur le tapis. Je suis les bras ballants, incapable de l’aider car il me repousse. Le caissier fait passer les articles, un autre monsieur arrive pour mettre mes achats dans les sacs plastiques.

Je suis toujours les bras ballants à ne pas savoir quoi faire. Je paye. Un des monsieur prend le caddie et s’en va jusqu’à ma voiture. Il range mes courses dans ma voiture, je m’interroge. Va-t-il monter dans ma voiture pour m’aider à ranger mes courses jusqu’à ma maison ?

Evidemment non, il ferme le coffre. Je lui donne un pourboire, j’agis comme si tout ça était naturel mais au fond de moi, je ne comprends pas bien ce qu’il vient de m’arriver. Evidemment, j’ai ensuite profité de ce système. Et puis, écrire mon article sur l’écologie et rencontrer et trouver The Untitled Bag m’ont fait changer d’avis là dessus. Et désormais, je range mes courses moi même… Mais parfois je demande de l’aide pour pousser mon caddie jusqu’à la voiture !

Devenir le pire conducteur du pays.

Je ne vais pas vous expliquer comment on passe le permis ici, mais je pense que 70% des conducteurs n’ont, en vérité, pas leur permis. Être assis du côté passager au Koweït est un véritable enfer. Je me souviens que j’avais l’impression que chaque trajet que je faisais allait être le dernier. Pour être honnête, toujours aujourd’hui. Si je ne conduis pas, je prie Dieu en montant dans la voiture.

Quand j’ai commencé à conduire, avec ma Mitsubishi puis la Toyota, je restais tout de même respectueuse des routes. Si on veut être honnête, je ne valais rien sur la route avec ces voitures là… Comment profiter de privilèges et d’avantages que l’on a pas ?

Et puis, j’ai acheté une Dodge Challenger et mon experience de la conduite a changé. Pour commencer, il faut imaginer ce que ça fait d’appuyer sur la pédale d’accélérateur et d’avoir l’impression que la voiture s’envole. Eh bien, c’est mon quotidien.

Ensuite, l’experience de la conduite change suivant la voiture que l’on a. Alors une européenne qui conduit une Dodge Challenger, je vous jure qu’elle est la reine de l’asphalte. Je roule généralement plutôt calmement : je ne dépasse pas les limitations de vitesse, je ne colle pas trop la voiture devant…

Mais quand un garçon avec une Mustang commence à jouer le jeu de la course sur l’autoroute, j’avoue avoir énormément de mal à me retenir ! J’appuie sur la bouton sport et j’appuie sur le champignon, voir jusqu’où mon adversaire du jour peut aller. Je le confesse, passer de la file de droite à la file de gauche en une seule fois fait partie de mes petites habitudes…

Cependant, il y a au Koweït les règles officielles et les règles officieuses. Je suis scrupuleusement les règles officieuses… Et je ne fais pas la maligne si je suis face à un pick-up !

la Reine de l’asphalte

Ma vie entière dans ma voiture.

Littéralement, certaines journées, je passe quatre heures dans ma voiture. Je l’ai déjà écrit plusieurs fois, mais la ville ici n’est pas faite pour les piétons. Alors je roule énormément.

Si je veux aller courir ou faire du roller, j’y vais d’abord… en voiture ! Je prends ma voiture, je roule cinq minutes et ensuite je peux commencer à courir. Puis dès que j’ai fini, pleine de sueur, je retourne dans ma petite voiture pour rentrer chez moi.

Je vais travailler en voiture. Ce n’est pas si loin, je peux y aller à pied. En réalité, si je dois faire quelque chose mais je ne me sens pas de conduire… eh bien, je n’y vais pas. Je ne réfléchis même pas à une autre option, je reporte au lendemain ! En l’écrivant, je trouve ça tellement marrant parce que c’est exactement ça ! Toutes les distances paraissent longues alors que le Koweït est tout petit.

Les seules fois où je ne prends pas ma voiture, c’est pour aller à l’épicerie… Qui est au pied de mon immeuble. Le reste du temps, je roule. Et quand j’ai la folie d’y aller à pieds, je fais des reportages sur instagram tellement c’est un fait exceptionnel !

Talabat – Carriage – Zitaat

Ces trois mots sont littéralement magiques… Et je pense vous ne savez pas du tout à quoi ils correspondent. Je les ai déjà mentionné sur ce blog, notamment quand je parle de la fast-food.

Pour ceux du fond qui ne suivent pas ! Talabat, Carriage et Zitaat sont trois applications qui permettent de se faire livrer de la nourriture. C’est un peu comme Deliveroo ou Uber Eats mais, je ne sais pas pourquoi, c’est bien plus utilisé qu’en France.

Il y a, littéralement, des restaurants à chaque coin de rue. Et chaque restaurant propose la livraison via une de ces trois applications. C’est d’une facilité déconcertante et ça a vraiment changé ma façon de voir les choses. Je connais des gens qui se font livrer matin, midi et soir… Parce qu’il y a littéralement tous les restaurants possible et imaginables.

Quand il s’agit de manger, vous n’avez pas besoin d’aller vous embêter à supporter le monde qu’il peut y avoir dans un restaurant. Par exemple, si je meurs d’envie de manger Libanais, je n’ai pas besoin de sortir pour avoir les meilleurs plats libanais de mon restaurant préféré. Quelqu’un viendra me le livrer… Toutes mes envies culinaires peuvent être livrées ! Et j’avoue qu’à mon arrivée, ça a causé ma perte

Photo by Manan Chhabra on Unsplash

Je dois avouer qu’il y a tout un tas de très bonnes habitudes que j’ai prise en vivant au Koweït ! Mais celles-ci sont des habitudes dont je vais devoir me débarrasser le jour où je quitterais le Koweït ! Je ne suis pas sure de retrouver toutes ces facilités ailleurs !

Et vous, en vous expatriant, est-ce que vous avez pris de nouvelles habitudes ? Raconte moi ! Je suis curieuse de savoir !

2 Comments

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Pause café avec Audrey

    Coucou Liz !

    Je retrouve certaines habitudes que j’ai connu aussi aux USA notamment celui de se faire emballer ses courses au supermarché (par contre, même si il y avait aussi des personnes qui apportaient tes courses dans ta voiture, je n’ai jamais utilisé ce « service »).

    La voiture aussi était primordiale, mais contrairement au Koweït, ce n’était pas pour les petites distances, c’est que tout était éloigné de base ! J’étais toujours toujours toujours obligée de prendre la voiture pour les trucs de la vie de tous les jours : les courses, le travail, le shopping etc…

    C’est normal d’utiliser ce qui est habituel dans son pays d’accueil, cela fait, je pense, aussi partie de la phase d’intégration !

    Bisous
    Audrey

    • 2
      Eliz

      Coucou Audrey 🙂

      Ici pour la voiture, c’est surtout qu’il n’y a aucune infrastructure pour les piétons. Pas de trottoirs, pas de passage piéton même ! Et aussi la météo, quand il fait plus de 45 degrés, tu n’as vraiment pas envie d’aller quelque part à pieds !

      Je trouvais ça normal aussi, d’utiliser ce qui est habituel dans mon pays d’accueil mais en fait, j’ai parfois l’impression d’aller contre mes principes, du coup c’est compliqué parfois…

      Bisous <3

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