Rencontrer des gens au Koweït

Si vous me lisez depuis un petit bout de temps, vous savez que je suis venue au Koweït toute seule. Et si vous ne le saviez pas, voilà qui est dit : je suis venue au Koweït toute seule. Pas de mari, pas d’enfants. Simplement ma valise et moi, prêtes à démarrer une nouvelle vie au Koweït. Je suis heureuse d’être célibataire, mais ça ne m’a pas empêché de me pencher sur la question : comment rencontrer des gens au Koweït ?

La nouvelle de la communauté

Au début, quand on arrive, c’est assez dingue le tourbillon dans lequel on est entrainé. J’ai rencontré une personne de la communauté française qui m’a emmené à des soirées privées, puis, je suis allée aux soirée de l’Ambassade. Le jour où cet étrange tourbillon m’a le plus marquée c’était lors de la soirée d’hommage suite aux attentats du Bataclan.

J’étais la nouvelle de la communauté.

Tout le monde est venu me parler, parce que j’étais une tête nouvelle. Oh tiens, ça fait combien de temps que tu es au Koweït ? Tu fais quoi ? Je ne t’ai jamais vu avant.

Puis j’ai été invitée à d’autres soirées et je n’ai jamais réussi à me faire une place. Le small talk n’a jamais été mon truc et mon anglais était vraiment mauvais à ce moment là. Du coup, j’avoue que j’ai petit à petit arrêter de répondre aux textos et j’ai commencé à refuser les invitations.

Et puis, la personne qui me servait de lien a quitté le Koweït et je me suis retrouvée un peu toute seule. Il y a des gens qui arrivent ici et qui parviennent à rencontrer des gens simplement en agrandissant leur cercle social. En allant de petits déjeuners en dîner et de cafés en soirées.

L’introvertie timide que je suis est incapable de faire de cette manière. Je n’ai jamais fait parti d’un groupe et quand je rencontre quelqu’un, il est généralement très loin de mon cercle d’amis. Mes amis, d’ailleurs, ne font parti d’aucun cercle d’amis…

Le genre de photos que je ne ferai jamais 😀 – Photo by Chang Duong on Unsplash

Apprendre l’anglais.

J’ai réalisé assez rapidement que, dans la communauté française, j’allais avoir du mal à me faire une place. D’une car je suis quelqu’un de plutôt discret sur sa vie privée et que je sais que les nouvelles vont vites, de deux parce que… je crois simplement que je n’étais pas intéressée.

Un jour, j’ai rencontré une femme koweitienne, Mayada, qui est devenue mon amie et qui a eu la patience de m’enseigner l’anglais. Nous allions marcher au moins une fois par semaine, et nous discutions. Grâce à elle, j’ai gagné en confiance et j’ai progressé en anglais.

En réalité, j’ai appris l’anglais. J’ai appris l’anglais et j’ai appris tout à tas de trucs à propos de la vie au Koweït, de la vie des femmes. Mayada a été ma première amie ici et elle a fait de mes premiers mois au Koweït un passage plus agréable qu’il n’aurait pu l’être.

En septembre, je n’osais pas aligner trois mois en anglais, en avril, à mon retour d’Iran, j’ai rencontré le Koweïtien qui partagera ma vie pendant un petit bout de temps.

S’ouvrir aux autres.

J’en ai déjà parlé, et plus d’une fois d’ailleurs. A mon retour d’Iran, dans l’avion, j’ai rencontré un Koweïtien, Khaled. Abu Dhabi – Koweït, il m’a montré des photos de sa voiture et nous avons échangé nos numéros de téléphone. Quatre jours plus tard, il venait me chercher pour dîner et je me retrouvais à mon premier date Koweïtien.

En février déjà, j’avais rencontré un Libanais, Karim, dans l’avion, il m’a envoyé des fleurs à l’école pour me donner son numéro de téléphone. Je crois que je n’avais jamais été témoin d’une attention aussi romantique de ma vie… Le moins romantique, c’est qu’il avait quelqu’un au Liban ! Un jour, j’écrirais un article sur les célibataires géographiques du Koweït.

Ces deux rencontres m’ont appris à m’ouvrir aux autres. Il n’y a pas besoin d’intermédiaire pour rencontrer des gens.

J’ai rencontré des gens un peu partout : dans l’avion donc, chez le vétérinaire, à la plage, au supermarché, au restaurant, en marchant pendant le couvre-feu. Mais aussi au semi-marathon, au Starbucks, au restaurant, dans mon ascenseur ou au centre commercial.

En France, je n’aurais jamais été aussi ouverte, souriante et avenante avec des inconnus. Khaled, dans l’avion, s’est gentiment moqué de moi. Je sais que si j’avais été en France, j’aurais certainement été désagréable. Cette fois-ci, parce que c’est le Koweït, parce qu’il fallait faire l’effort, j’ai rigolé et répondu sur le même ton. Et puis, nous sommes sortis ensemble pendant un temps et nous avons même parlé mariage et enfants.

Photo by Christian Lue on Unsplash

Essayer Internet : Tinder et Instagram.

J’ai essayé Tinder, un soir d’ennui. J’ai gardé le même principe : s’ouvrir aux autres. Je n’ai pas rencontré beaucoup de gens sur Tinder mais j’ai fait des rencontres de qualité, contrairement à ce que je croyais.

Je me souviens que ma première rencontre Tinder est venue me chercher en Porsche blanche. J’étais super excitée : je n’étais jamais montée dans une Porsche. Je me souviens que je me suis assise avec assurance et qu’en rentrant chez moi, j’ai écrit à tous mes amis pour leur raconter que j’étais montée dans une Porsche.

Tinder m’a permis de rencontrer des gens et de vivre des expériences amusantes. Le problème c’est que Tinder reste une application de rencontres. La plupart des gens ne sont pas sur Tinder pour rencontrer des amis … du coup, les rencontres sont biaisées et particulières. Après quelques mois, j’ai supprimé l’application.

C’est là que Instagram entre en jeu.

Instagram est une application très utilisée au Koweït, tout comme Snapchat. J’ai commencé à recevoir des messages privés de la part d’inconnu(e)s et, petit à petit, je suis passée du virtuel au réel.

J’ai fait la même chose que sur Tinder : j’ai rencontré des gens pour vivre des expériences différentes, pour tester des restaurants, pour trouver de bonnes adresses. Avec des filles et des garçons et sans cette pression de rencontres amoureuses.

Grâce à Instagram, j’ai rencontré des gens que je n’aurais jamais rencontré et fait des choses que je n’aurais jamais faites sans ces personnes là.

Avoir une passion.

Le Koweït a un fonctionnement tribal, communautaire. L’importance de la famille et le nombre d’expatriés font que c’est un pays qui fonctionne par groupe.

Alors, au Koweït, avoir une passion, c’est la certitude de ne pas être seul.

S’il n’y a pas de groupes pour une passion, il est toujours possible de le créer. Course à pieds ? Un nombre incalculable de coureurs. Tricot ? Des femmes se regroupent pour tricoter. Les voitures ? Ah ! Bienvenue au Koweït : quelque soit la marque, il y a une communauté. La photographie ? Il y a énormément de photographes, parfait pour progresser.

Attention, par contre, ça ne veut pas dire que ça sera fait de manière professionnel ! Souvent, ce ne sont que des amateurs qui veulent partager leur passion. Mais ça permet de rencontrer des gens qui partagent des valeurs communes, et dans tous les domaines.

Bon, clairement, ce n’est pas mon cas donc c’est un peu compliqué d’expliquer comment ça se passe. En tous cas, une chose est sûre : quand on aime faire parti d’une communauté, le Koweït est un endroit parfait pour ça.

La solution : être curieux. Photo by Gary Butterfield on Unsplash

Est-ce difficile de rencontrer des gens au Koweït ?

De mon point de vue, non. Certainement car les difficultés que j’ai à rencontrer des gens sont les mêmes partout dans le monde. Depuis toujours, j’ai appris à rencontrer des gens autrement que sur les circuits classiques. J’ai rencontré des gens sur mon lieu de travail, mais ils sont devenus mes amis après mon départ de la société.

Arrivée, au Koweït, ça n’a pas été compliqué pour moi de rencontrer des gens parce que je sais passer au delà des apparences. Et surtout, parce que je n’ai pas peur de rencontrer des inconnus. Le fait d’être une jeune femme a certainement rendu les choses plus facile, je ne vais pas mentir. Exactement comme en France, je n’ai pas de cercles d’amis précis. Je vois les gens en tête à tête, autour d’un café, d’un déjeuner ou d’un dîner parfois.

Le plus difficile, finalement, c’est de s’ajuster. A une autre façon de vivre, de penser, de réagir et de voir le monde. De s’ajuster à d’autres coutumes et d’autres habitudes. Mais ça sera le sujet d’un autre article !

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