Rénovation Normande

Comme je l’ai écrit dans mon précédent article, j’ai acheté une petite maison normande à rénover. J’ai décidé de créer une catégorie pour partager avec vous les rénovations que je vais faire sur cette petite maison.

Je n’ai pas l’historique complet mais c’est une longère qui a été acheté par les précédents locataires dans les années 50. J’adore les vieilles pierres et j’adore les histoires que l’on peut créer dans des lieux d’habitation.

Reflexions pour un chez moi.

Quand je suis partie au Koweït, ma première idée était de mettre assez de sous de côté pour avoir un apport conséquent dans le but d’investir dans du locatif. Pour des raisons de contrat et d’autres trucs, les banques étaient plutôt frileuses à l’idée de me prêter de l’argent.

Donc j’ai économisé, j’ai un petit capital et je ne sais pas trop quoi en faire. Je ne veux pas laisser cet argent dormir à la banque mais je ne veux pas faire de bêtises non plus.

Je pense alors à une idée : et si je faisais une maison d’hôte ? L’idée serait d’acheter une maison habitable avec une partie à rénover. C’est parti ! Je visite plusieurs maisons mais … mon budget n’est pas sufisamment élevé. Je peux acheter de grandes surfaces mais les travaux seront trop chers parce que… il y a trop de surface !

Plusieurs choix s’offrent à moi : économiser pour acheter une grande surface, ou acheter plus petit et avoir enfin une maison à moi. En septembre 2019, je ressens le besoin d’avoir une maison, un chez moi.

Alors banco : je vais acheter une petite surface à rénover.

Un achat à distance

C’est difficile d’acheter quand on n’est pas sur place. Surtout que je fais partie de ces gens qui ont les idées bien arrêtées. J’ai passé des heures sur SeLoger et LeBonCoin, à observer, regarder, comprendre un peu le marché.

Pour le lieu, je savais que c’était la Normandie. Deux heures de Paris et une heure de la mer maximum. Dans un petit village, une maison isolée mais pas trop. Un grand terrain mais pas trop. Au début, je regardais toutes les maisons. Et puis, les envies se sont affinées : ça sera une longère à colombages sinon rien.

Je cherchais des maisons avec un toit et des colombages en bon état : hors budget. Simplement un toit en bon état : hors budget. J’envoyais les annonces à mes parents et ils allaient visiter. A chaque fois un problème : au bord de la route, le terrain est en entonnoir, maison mitoyenne, tout à démolir… Parfois, c’était une maison avec une histoire triste. Ou une maison qui n’a pas été retapée à mon goût. Ca veut dire qu’elle est plus chère à l’achat, pour le même budget travaux.

Ça a été compliqué d’expliquer exactement ce que je voulais. J’ai envoyé des annonces, expliqué ce que je voulais, réfléchi aux compromis que j’étais prête à faire. Il a fallu que je revois ce qui était important et ce qui ne l’était pas…

Quelques déceptions

Depuis juin, je suis venue en France pour toutes mes vacances afin d’être en mesure de visiter des maisons. En octobre, j’ai trouvé ce qui semblait être la maison de mes rêves. Un peu chère mais il y a un ancien moulin et elle est sur un grand terrain. L’agent immobilier a été clair : il y a tout à refaire. On souhaite visiter tout de même.

Malheureusement, la maison est vendue la veille de notre visite. Au prix demandé. Il n’y a aucune marge de négociation sur les maisons normandes à rénover. Pire encore : elles se vendent comme des petits pains.

Décembre, j’en visite une autre. J’adore la maison, beaucoup moins le coin. Elle est trop chère mais on pense négocier. On demande à la visiter de nouveau, malheureusement l’agent immobilier est en congé jusqu’à la mi janvier. C’est pas grave, mon père ira.

La maison est vendue par un concurrent pendant ses vacances. Au prix demandé. Je n’ai aucun regret, je ne l’aurais jamais achetée à ce prix là. Mais quand même, je ne suis pas patiente et j’ai du mal à gérer les deceptions.

Je reprends mes recherches et j’envoie trois annonces à mes parents. Ma mère appelle pour en savoir plus, une est sous compromis, l’autre est à côté d’une route mais ils vont visiter la troisième.

La découverte

Ils prennent rendez-vous pour visiter la troisième et deux autres que Êve, l’agent immobilier, propose à la vente. En arrivant, Êve propose à mes parents de finir la visite sur une quatrième maison qui correspond à leur recherche.

Les trois premières maisons ne sont pas dingues. La quatrième est celle qui était sous compromis. Mon père tombe amoureux de la mairie du village. De la rue, on ne voit qu’un petit bout de la maison. Les sapins qui servent de haie cachent la maison et le grand terrain. Les ânes et le cheval du voisin vont accueillir mes parents.

À la fin de la visite, le constat est sans appel : il y a énormément de travaux mais elle correspond à ma recherche. Dans un petit écrin de verdure, il y a des pommiers sur le terrain, des vaches dans une étable à 400 mètres, un terrain régulier et carré. Il faut refaire le toit… Et en fait il faut tout refaire. Mais la maison est encore saine car ça ne fait pas longtemps qu’elle n’est plus habitée.

Il faut que tu viennes la visiter. Je demande un jour de congé et un billet d’avion. Je vais visiter ma future maison.

La concrétisation

Vendredi 31 janvier 2020, je suis en Normandie et je vois cette petite bicoque. Il y a les vendeurs qui sont entrain de vider la maison. La cheminée dans le salon est immense. Je n’ai pas de coup de coeur, je vois juste que cette maison coche les cases.

Elle est saine, il y a beaucoup de travaux, elle n’est pas chère, sur un grand terrain mais pas trop. Il y a des arbres et des rosiers, ça a été entretenu, j’ai le sentiment qu’il y a eu beaucoup d’amour dans cette maison. Pour cette maison. Le toit est à refaire, et beaucoup de choses sont à refaire.

Les vendeurs sont gentils. A côté du salon, il y a une grange et dans cette grange il y a un énorme tonneau. L’agent immobilier dit que c’était certainement une cave à cidre. Je souris, j’enlève le certainement. C’était une cave à cidre. Je raconte une histoire à cette maison avec les quelques informations que j’ai.

Sur le parking de l’Eglise, Êve m’explique qu’ils ont un vendeur donc il n’y a pas de négociation possible. Je dis je prends. Je remplis et signe l’offre. Elle nous explique qu’elle va parler avec les propriétaires et qu’elle nous appelle.

On repart vers Paris, sur le chemin on s’arrêter dans un Courtepaille pour déjeuner. Le Courtepaille est typiquement normand : des colombages partout et je trouve que c’est bon signe. Au début du repas, la conversation tourne autour de la maison. Je répète, comme une gamine, que j’espère l’avoir. Mon père me dit qu’ils ne refuseront pas.

Au milieu du repas, le téléphone de ma mère sonne. C’est Êve. Ma mère sort prendre l’appel. 5 minutes qui me paraissent avant des heures avant qu’elle ne revienne s’assoir, les larmes aux yeux.

Elle est à toi.

Et moi, je suis assise là, devant mon hamburger. Et je ne crie pas, et je ne saute pas de joie. Je ressens juste un soulagement et je dis avec un sourire. Ca y est, j’ai ma maison.

L’attente

Quelques mois plus tard, j’ai signé une procuration et mes parents sont allés signer le compromis de vente. J’ai un peu les larmes aux yeux quand je reçois le compromis par mail.

Ensuite, on attend. Le notaire doit faire son travail et on avait prévu une signature fin avril. J’allais prendre mes billets d’avion pour signer la vente fin avril.

Mais vous êtes au courant : il y a eu une pandémie qui a mis le monde entier en pause. J’ai contacté le notaire pour savoir ce qui allait se passer, quand est-ce que je pourrais signer. Avec l’attente vient aussi la peur d’avoir idéalisé. J’ai commencé à chercher des idées, à passer des heures sur Pinterest, à discuter de ce que je ferai et comment… Et si c’était impossible à faire ?

La vente était prévue au 15 mai, juste après le déconfinement. J’ai fait le transfert et j’ai attendu… Mes parents ont appelé pour un rendez-vous afin de signer, et rien. Finalement, c’est un mal pour un bien ! C’est moi qui était dans le bureau du notaire, le 3 juillet, pour récupérer les clés.

Et le coup de coeur, je l’ai eu le 3 juillet. Ouf ! Aucun regret.

Je vais partager avec vous ce projet. Ca me fera une trace et qui sait ? peut être que ça vous donnera le courage de vous lancer !

9 Comments

Ajoutez les vôtres
  1. 5
    Ludivine

    Wow, que de rebondissements 😉

    Tu penses que les travaux te prendront combien de temps ? 1 an, 2 ans (plus) ?

    Je ne savais pas qu’il y avait autant de demande pour ces maisons, y compris pour celles en mauvais état !!

    Bon courage à vous 3 en tout cas ^^
    Vous allez être bien occupés 🙂

    • 6
      Eliz

      Oui, c’était plutôt stressant pour être honnête haha. Je pense que l’été 2021, tout le gros oeuvre (terrassement, toiture, couverture) sera fini. Avec un peu de chance, l’electricité et la plomberie seront remis aux normes et on pourra commencer la peinture et les sols. Eté 2022 je pourrais certainement commencer à meubler… C’est un peu l’objectif !

      J’étais aussi assez hallucinée, je pensais pas que les rénovations étaient aussi demandées.. Et apparemment, depuis le confinement c’est encore pire. Je pense que j’ai acheté au bon moment 🙂

Quelque chose à ajouter ? :)