Histoires Expatriées – Le vert

Si vous ne le savez pas, le rendez-vous #HistoireExpatriées a été créé et organisé par Lucie du blog L’Occhio Di Lucie. Vous pouvez retrouver toutes mes participations dans la rubrique Histoires Expatriées.

Ce mois-ci, le thème est le vert. On nous donne le mot « vert » et on angle notre article comme on le souhaite. Honnêtement, quand j’ai lu le thème, je me suis demandé comment j’allais faire.

Quel angle choisir ?

Evidemment, en premier lieu, c’est la nature qui m’est venue à l’esprit. La nature, les arbres et l’herbe des parcs. Ensuite l’environnement. J’ai déjà abordé plein de fois le thème de l’écologie sur mon blog. Mais jamais celui de la nature.

En même temps, ai-je envie d’appuyer et d’insister sur quelque chose que le Koweït n’a pas ? C’est un thème difficile pour le Moyen-Orient. Le vert est associé à la nature et dans le desert, la nature est différente. Elle n’est pas verte.

Je n’ai pas envie de faire un article complet sur Al Shaheed Park parce que je n’ai pas le droit d’aller y faire des photos. Covid-19 oblige, le parc est fermé.

Du coup, j’ai ouvert Wikipédia pour en savoir un peu plus sur la couleur verte. Quelle est sa signification ?

Le vert et ses symboliques

Photo by Zhen Hu on Unsplash

Comme toutes les couleurs, le vert a plusieurs symboliques. Et parfois elles sont contradictoires.

Evidemment, le vert est directement rattaché à la nature. Quand je lis vert, la première chose qui me vient en tête c’est une forêt. Ensuite, je pense à l’écologie. Les marques utilisent le green-washing pour se refaire une réputation écolo.

Et puis, ces choses auxquelles on ne pense pas. Le vert comme symbole de la jeunesse. Un peu plus négatif, il semblerait que le vert soit la couleur de la jalousie et de l’envie. Aussi de la maladie et… de la mort.

Mais le vert est aussi la couleur de l’esperance, du hasard et de la chance. Et ce sont trois mots qui représentent plutôt bien mon expatriation au Koweït.

Le hasard de ma venue au Koweït

Souvent, lorsque je dis que je vis au Koweït, la première reaction est la surprise. Et la première question est toujours la même : mais comment tu es arrivée au Koweït ?

Le Koweït, minuscule pays entre l’Irak et l’Arabie Saoudite est complètement inconnu. Les gens ont souvent d’abord besoin d’une petite leçon de géographie avant de pouvoir continuer la conversation. Je crois que la surprise serait moins grande si j’étais en Arabie Saoudite !

Je prends toujours un certain plaisir à raconter mon histoire. Mon père a travaillé au Koweït et en Arabie Saoudite quand il était jeune. J’ai grandi avec les souvenirs de mon père. Chez mes parents, il y a cette boîte à chaussures pleine de polaroïds. Certains ont été pris au Koweït.

Il y a une autre boîte avec des lettres que mes parents s’échangeaient. L’adresse de l’expediteur, au dos de l’enveloppe, est une adresse au Koweït. Ce qui est marrant, c’est que le Koweït est tellement petit que je suis sûre à 100% d’avoir littéralement marché sur les traces de mon père.

Revenons au sujet : mars 2015, je me dis qu’il est temps de quitter la maison familiale et je ne trouve pas de travail correctement payé en France. Je décide de postuler à l’étranger : New York, Colombie, Brésil, Thaïlande, Cambodge, Bali, Mexique tous les pays y passent. Sur la table de la cuisine, je regarde les offres d’emploi quand je tombe sur un poste au Koweït.

Postule !

C’est le premier mot que me dit mon père. Tu n’as rien à perdre sont les suivants. Je n’ai pas les qualifications nécessaires pour ce poste, mais je postule quand même. Je ne suis pas retenue mais mon CV a quand même plu et est arrivé sur le bureau du directeur qui m’a recrutée.

Le hasard.

Photo by Runze Shi on Unsplash

Vivre au Koweït ? La chance de vivre dans un autre monde.

Je ne peux pas comparer cette expatriation à une autre car c’est la seule que j’ai vécu. Mais, d’un point de vue pratique, mon expatriation au Koweït est un long fleuvre tranquille.

On peut voir son experience au Koweït avec deux prismes. Un prisme négatif et on peut rester bloqué sur l’ennui et les différences culturelles difficilement surmontable parfois. On peut parler de l’inertie et de cette impression de vide, aussi.

Et puis, un point de vue un peu plus optimiste. La vie au Koweït a cette caractéristique d’être facile. Facile et confortable. La charge mentale est allégée : on ne pense pas aux impôts, on ne pense pas aux factures. Il suffit de vouloir quelque chose pour l’avoir. Evidemment, il faut aussi un peu de sous, mais l’argent est la seule limite.

Tout au Koweït va dans le sens du confort et de la facilité.

Vivre au Koweït, pour moi, c’est une chance d’acceder à une qualité de vie que je n’aurais jamais pu avoir en France. Ni dans aucun autre pays, je pense. Au Koweït, j’ai du temps et des moyens. Y a-t-il quelque chose de plus précieux que le temps ?

En vivant au Koweït, j’ai la chance de pouvoir me pencher sur ce que j’aime vraiment, ce que je veux faire et qui je veux être. C’est reposant de pouvoir se poser ces questions sans deadlines, sans se sentir forcée ou poussée.

Et puis, vivre au Koweït c’est aussi la chance immense d’être au contact de cultures totalement différentes de la mienne. Au Koweït, il y a beaucoup d’expatriés, c’est un pays complètement multi-culturel. Côtoyer des Indiens, Libanais, Pakistanais, Egyptiens ou Jordaniens m’a ouvert les yeux sur des mondes que je ne connaissais pas.

Je parlerai toujours du Koweït comme d’une parenthèse confortable.

Après le Koweït ? L’esperance d’une vie qui me convient

Photo by Josh Calabrese on Unsplash

Après le Koweït, je ne sais pas ce qui m’attend. Je n’ai pas de plans précis parce que je ne suis pas quelqu’un qui planifie trop trop.

Mais je crois sincèrement que si je retourne en France, le Koweït m’aura offert la possibilité d’espérer une vie plus tranquille.

Une vie moins bruyante, plus centrée sur l’humain, la nature, la tranquillité. Je crois pouvoir vivre une vie qui va moins vite. J’ai commencé à travailler à l’âge de 16 ans, j’ai choisi de vivre loin de ma famille avec les difficultés que ça implique.

Grâce au Koweït, ce qui étaient des rêves de retraite deviennent des espoirs de quotidien que je peux toucher du doigt. Je pense que j’aurais accumulé suffisamment de choses – d’un point de vue financier, du savoir, des connaissances – qui me permettront de vivre ma vie d’adulte comme je l’ai toujours vue.

Entourée de nature et de livres. Avec une grande écharpe autour du cou.

Les autres participations.

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11 Comments

Ajoutez les vôtres
  1. 5
    Mo.

    Très joli angle que d’utiliser le vert comme couleur de l’espoir 🙂 C’est vrai que le Koweit est un pays d’expatriation assez original et que finalement, on connait très peu sa culture

  2. 11
    Ludivine

    C’est clair que ce thème n’était pas forcément évident.
    Sais-tu ce qui a plu en particulier dans ton CV ?

    Tu as raison de profiter de ta vie au Koweit. C’est un luxe que d’avoir du temps et de ne pas être stressé ou pressé.
    Profite donc bien de ce cadre de vie relaxant.. car en Europe, c’est pas vraiment ça…

Quelque chose à ajouter ? :)