Ma cinquième rentrée

Le 28 aout 2019, j’arrivais au Koweït pour la cinquième année consécutive. En tant qu’expatriée, j’ai l’impression de vivre des mini-déménagements à chaque été. Chaque fois que je quitte la France pour retourner au Koweït, j’ai ma valise pleine à craquer et le coeur lourd. Mais aussi l’excitation et l’impatience de rentrer chez moi.

Retrouver ma voiture, mes rues et mes habitudes. Mais cette année, ça a été différent. Laisse moi t’expliquer pourquoi.

Une nouvelle équipe

J’ai toujours dit que je ne parlerai pas de mon travail ici, mais pour comprendre mon humeur générale, je dois aborder ce sujet. En juin dernier, le directeur de l’établissement et la coordinatrice de la maternelle ont quitté l’établissement.

Je suis une personne qui met de l’affect dans tous les aspects de ma vie. Même au restaurant, si le serveur/la serveuse, ne m’est pas sympathique, je ne vais pas passer un bon moment. J’aime créer des liens avec des gens, aussi éphémères soient-ils.

Ca a été difficile pour moi de réaliser et d’accepter que la personne qui m’a recrutée et celle qui m’a formée allaient partir. J’ai rempli des seaux de larmes aux différents moments où j’ai dû dire au revoir. Du coup, j’ai entamé l’été avec une petite appréhension de comment allait se passer la rentrée.

Photo by Jan Tinneberg on Unsplash

Un retour au réel difficile

Bon, j’ai écrit un peu partout que j’étais revenue facilement du Chemin de Saint Jacques de Compostelle. J’ai raconté que ma mère était venue me chercher à Finisterre et qu’on était allé à Porto et qu’ensuite je m’étais tranquillement désintoxiquée de la marche.

Mais en fait, la gifle est arrivée le 4 septembre. L’école a repris, tout le monde sait que j’ai marché (et tout le monde s’en fout, en réalité), je tourne en rond dans mon appartement. Je veux me dégourdir les jambes mais nulle part où le faire. Me voilà, seule dans mon appart, à tourner en rond.

Je me sens juste très lourde de vide. C’est particulier, dis comme ça, mais c’est exactement comme ça que je le ressens. Pleine de vide. Je veux sortir, me balader, prendre l’air en forêt, je veux passer du temps avec des gens que je connais et qui me connaissent. Je ne veux pas parler anglais dans le desert. Je veux partager mon vide avec quelqu’un qui comprend.

Et je suis dans ces moments où personne ne comprend. Parce que personne n’a marché 870 kilomètres, personne ne peut comprendre que j’ai l’impression qu’on a pris un petit bout de ma liberté. Cette fois ci, je ne pleure pas, j’essaye simplement de revenir dans le réel.

Un peu d’ennui

Photo by Deglee Degi on Unsplash


De retour, il faut s’occuper de choses très terre-à-terre. Très factuelles. Je dois jeter les plantes qui sont mortes, faire mes courses, vider mes valises, ranger ma classe. C’est une sorte de rush-très-lent. J’ai comme l’impression de courir dans le sable : on se fatigue vite mais on n’avance pas.

Je suis épuisée mais je n’avance pas. Et puis je n’ai rien à faire d’autres que continuer d’avancer…

J’ai appelé ma mère pour lui dire, je m’ennuie, en fait je m’ennuie juste. J’ai pris l’habitude de m’occuper en me baladant, en contemplant, en profitant et là je suis coincée dans un si petit espace.

Aucune tristesse, juste de l’ennui. Je suis quelqu’un qui n’a aucun problème à s’ennuyer, mais là, c’est trop lourd.

L’expatriation, pour encore combien de temps ?

Cette année est la première où je me demande très sérieusement combien de temps je vais encore rester au Koweït. L’avantage, avec moi, c’est que je n’ai pas de problème à être lucide, bien que je sois une grande rêveuse.

Je sais que le Koweït a été ma première – et ma dernière – expatriation. J’ai compris que malgré tout un tas de défaut, la France reste le pays où j’ai envie d’avoir mon véritable chez moi.

Mais pour le moment, si je reprends un aller simple pour la France, c’est pour retourner chez papa-maman… Et franchement, je n’ai pas tellement envie de ça. Du coup, j’ai sérieusement commencé à réfléchir à ce que je voulais faire et surtout, dans combien de temps ?

En tous cas, je commence à voir le futur s’éclaircir un peu, je crois. Je fais confiance à la vie, j’ai toujours fait confiance, je ne vais pas arrêter maintenant. C’est une sorte de révélation : je dois réfléchir au retour.

Mes bonnes résolutions

Je crois que, comme tous les enseignants, mon année commence en septembre et se finit en juin. Juillet et aout sont des mois étranges, où on est en pause, un peu. On perd notre peau d’enseignant, on redevient de vrais êtres humains.

Cette année, j’ai décidé de m’inscrire à un trail énorme qui aura lieu en juillet. Ça veut dire que je dois me préparer physiquement, mais aussi mentalement. Je dois aussi perdre deux ou trois kilos de gras donc pour ça, faire attention à ce que je mange. La véritable préparation commencera en janvier mais je dois m’y mettre dès maintenant parce que ça fait des siècles que je n’ai pas couru.

Je commence à réfléchir à ouvrir un petit business au Koweït, mais je dois m’y mettre sérieusement… Et j’ai aussi pour projet de faire quelque chose pour les femmes. Mais ça c’est encore un secret, je dois encore y réfléchir. J’ai plein d’idées et maintenant, il est temps de les mettre en place.

Photo by Steve Johnson on Unsplash

Simplement

Cette année 2019 sera une année juste pour moi. Je ne vais pas rusher, je vais prendre mon temps pour bien préparer certaines choses, les mettre en place et, pour une fois, ne pas courir trop vite.

Après un mois en slow-travel (traverser un pays à pieds, n’est-ce pas du slow travel ?) j’ai décidé que ma vie entière sera plus slow. Je vais simplement prendre le temps. De tenir ce blog, de réfléchir à mes idées et de les mettre en oeuvre. D’apprendre des nouvelles choses et puis juste profiter, en fait !

Je te souhaite une belle rentrée et une belle année ! Est-ce que toi, tu as des projets pour cette nouvelle année ?

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2 Comments

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Audrey

    Coucou !!
    Je crois que tu arrives là où j’en étais avant de repartir des USA pour rentrer en France. L’expat est une expérience dingue mais parfois elle doit avoir une conclusion. Sans doute la tienne est en train de se dessiner dans ton esprit d’après ce que je comprends.
    Tu as raison de prendre le temps. Le temps est nécessaire pour faire les choses bien !
    En tout cas, quoique tu choisisses, l’important est que tu sois en accord avec tes émotions !
    Des bisous
    Audrey
    https://pausecafeavecaudrey.fr

    • 2
      Eliz

      Coucou !
      Oui, en effet, il faut savoir arrêter l’experience au bout moment ! Je ne veux pas devenir aigrie et detester la vie ici.

      Cependant, c’est trèèèès difficile de prendre la décision de partir parce que chaque jour je vis quelque chose qui me fait dire que ce sera difficile de revenir en Europe. Je sais que je suis entre deux eaux (je ne veux pas recommencer de zéro dans un pays que je ne connais pas) MAIS je ne sais pas si je veux vraiment revenir en France ! J’ai besoin d’encore un peu de temps pour y réfléchir 🙂

      Bisous Audrey!

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