En route pour Saint Jacques de Compostelle

Mon dernier article date d’avril 2019… Trois mois sans écrire un seul article. Du coup, c’est un peu difficile : sur quoi écrire après trois mois de silence ? Eh bien, simplement sur mon prochain défi : le Camino Francès, à pieds, toute seule. 870 kilomètres de marche sur les routes d’Espagne.

Pourquoi ?

C’est la première question que tout le monde me pose : pourquoi ? Eh bien… Pour tout un tas de raisons, la plupart plutôt personnelles.

Mon rapport à Dieu est très intime et je n’en parle jamais. Mais une chose est sure : je ne fais pas cette marche dans un but purement religieux. Je pense être plus dans une quête de spiritualité et de dépassement de soi.

Au Koweït, je me sens parfois comme coincée. Je pense que c’est le même sentiment que de vivre sur une île. Les frontières terrestres du Koweït me sont fermées. Irak et Arabie Saoudite, je n’ai aucun moyen de les franchir.

Faire tous mes trajets en voiture m’a fait perdre peu à peu conscience de mes capacités physiques. Je sais de quoi mon corps est capable en theorie, mais en pratique c’est bien different.

Alors ça fait longtemps que j’en rêve, des années que j’en parle, mais cette année j’ai enfin fait le premier pas. J’ai pris un billet de train pour Saint Jean Pied de Port, un gîte là bas et un gite à Ronceveaux, après ma première étape. Et le reste, les autres pas, vont suivre.

Des sentiments ambivalents.

Evidemment j’ai peur, je suis même terrifiée. Je suis partagée entre l’excitation et la peur. Je suis impatiente et en même temps je n’ai pas envie que ça arrive.

J’ai peur de ne pas y arriver et en même temps, je suis excitée à l’idée de battre mes petits demons.

Partir marcher seule pendant un mois c’est un combat contre moi même. Contre ma petite voix qui me dit que je suis incapable de le faire, contre toutes les petites voix qui me disent que je ne suis « pas assez ».

Partir marcher sur le chemin de Saint Jacques, c’est aussi ajouter une dimension spirituelle et historique à ces 870 kilomètres. D’une certaine manière, je sais aussi que cette marche est un hommage.

Photo par Fabrizio Verrecchia on Unsplash

Mais aussi un retour à l’essentiel.

J’en ai beaucoup parlé, je l’ai mentionné, j’agis énormément en ce sens. et c’est surement la raison qui me fera quitter le Koweït : le respect de l’environnement

Mon empreinte carbone depuis que je suis au Koweït est tout bonnement desastreuse. Mais ce n’est pas tout : ma consommation est aussi scandaleuse. Ma façon d’agir est parfois une honte.

J’ai fait des efforts, j’ai travaillé dessus, j’en parle beaucoup sur Instagram et je suis chiante à ce propos avec mes amis. Mais il est temps pour moi de revenir aux fondamentaux.

Un mois sans dechet

L’idée c’est de passer un mois sans déchet. J’ai acheté le sac à dos et les chaussures parce que je n’en avais pas. Mais pour le reste, ce sont des choses que j’utilise au quotidien.

Je ne vais pas acheter de nouveaux vêtements, je me contenterais de ce que j’ai dans mes placards. Pareil pour tout le reste, je n’ai besoin de rien de nouveau.  Si vous êtes interessés, je ferai une liste de ce que j’ai mis dans mon sac à dos.

Ca me permettra de revenir à une vie un peu plus essentielle. Avant de partir vivre  au Koweït, j’essayais vraiment de ne plus accumuler et petit à petit, cette mauvaise habitude est revenue.

Je sais ce que c’est que de vivre avec le minimum. Ca permet d’ouvrir les yeux sur l’essentiel, les besoins et… le reste.

Evidemment, ce sont mes besoins et mon essentiel.

Photo par Tristan Pineda on Unsplash

Le bon équilibre entre confort et respect.

Quand il s’agit d’environnement, on est bombardé d’injonctions. Il ne faut pas utiliser la voiture, il faut arrêter la fast fashion, il faut consommer responsable, il faut manger seulement des fruits et legumes de saison.

Mais parfois, ce n’est pas possible. Les fruits et legumes de saison au Koweït, c’est non. Même si ma voiture de course n’est pas une necessité vitale. Même si c’est un enfer écologique, eh bien, je ne desire par la revendre.

Voilà.

Je lisais les avis sur l’hôtel que j’ai reservé à Ronceveaux. Un homme a écrit « pelerin, mais pas pénitant » pour expliquer le choix de cet hôtel cossu sur le Chemin. Et bien, j’ai décidé que ça allait être mon crédo pour ma vie entière.

Pour suivre mon périple, n’hésitez pas à me suivre sur Instagram @LizinKuwait  !

6 Commentaires

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  1. 1
    Aurore

    Bravo pour ce beau projet Liz. C’est aussi quelque chose qui me trotte dans la tête notamment, depuis que j’ai lu Wild. Peut-être un jour, en attendant j’ai hâte de suivre ton périple !

  2. 6
    Chez Laurette

    Bonjour Liz, merci pour ce bel article ! Je retiendrai la formule « pèlerin, mais pas pénitent » que je trouve très belle et inspirante dans un tas de domaines dans la vie… Je te souhaite un beau et enrichissant pèlerinage !

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