J’ai arrêté de fumer – 6 semaines plus tard

arrêter de fumer

Le mois de novembre est le mois sans tabac en France. Depuis quatorze jours, des gens ont décidé de profiter de cette initiative nationale pour arrêter de fumer. J’ai pris cette décision le 27 septembre, après une soirée avec ma voisine. D’après mon application Kwit, ça fait donc six semaines que j’ai décidé d’arrêter de fumer. Où j’en suis ? Comment ça se passe ?

J’ai déjà arrêté de fumer plusieurs fois. Ma plus grande peur à chaque fois, c’est de reprendre du pois. Cette fois-ci, c’est vraiment ma plus grosse angoisse : j’ai perdu quinze kilos et je ne veux pas les reprendre. Six semaines plus tard, quelles ont été mes difficultés ? 

Tout d’abord, les chiffres

ce qu'on gagne en arrêtant de fumer
Ce que j’ai gagné en arrêtant de fumer

Les avantages

Arrêter de fumer apporte son lot d’avantages.

Un meilleur sommeil

C’est le premier que je dois noter. Je dors mieux. Moins longtemps mais beaucoup mieux. Les premiers jours ont été difficile parce que je me réveillais très tôt, vers 2h30 du matin et j’étais capable d’enchainer avec une journée complète. Je récupère plus rapidement et je n’ai plus ces sensations d’abattement physiques.

beaucoup plus de motivation

J’ai aussi beaucoup plus de motivation pour faire des choses. J’ai un caractère un peu feignant, mais depuis que j’ai arrêté de fumer, je me lance beaucoup plus facilement dans de nouvelles activités. Je n’ai pas trouver la formule magique pour continuer aller au bout, mais au moins je commence !

Je me suis aussi inscrite au semi-marathon. Le matin, je continue à faire du sport, malgré le mauvais temps et la nuit qui se lève de plus en plus tard.

La redécouverte du goût

Ça, je ne sais pas si c’est le meilleur ou le pire ! Je redécouvre tous les goûts. Le salé, le sucré, toute la nourriture est bien meilleure que lorsque j’étais fumeuse ! Evidemment, donc, je mange beaucoup plus… Cependant je crois que je mange aussi mieux. En tous cas, sainement. J’avais tendance à fumer une cigarette quand j’avais faim alors qu’aujourd’hui je grignote un encas sain. J’essaye d’écouter ma faim pour éviter de trop grossir !

L’odorat

La même chose que pour le goût… Je sens de nouveau. Je sens mon parfum, l’odeur de mon shampoing. Je sens aussi l’odeur de ce que je cuisine. Et malheureusement, je sens aussi l’odeur du tabac froid accroché à mes vêtements quand je vais en salle de fumeur.

Un meilleur souffle

Et je respire mieux ! Je m’essouffle moins. En réalité, ce n’est pas non plus parfait, ça va prendre du temps mais c’est plus simple pour moi de courir. Je ne suis plus en difficulté pour monter les trois étages de mon appartement. Et j’espère que le semi-marathon se passera bien en matière de respiration.

une plus belle peau

J’ai le teint moins terne, moins brouillon. J’ai l’impression que ma peau est plus claire, plus unifiée. Par contre, j’ai toujours des cernes horribles et énormes et je ne sais pas comment lutter contre. Si vous avez des astuces 😉

Et les petits inconvénients

On n’en parle peu, des inconvénients de l’arrêt de la cigarette. Mais les débuts sont difficiles. Il y a évidemment l’anxiété, l’énervement. La sur-excitation, aussi. Autant c’est génial d’avoir plein d’énergie, autant j’ai trouvé ça horrible d’en avoir autant. J’étais dans l’incapacité de rester chez moi. Et c’est toujours difficile.

J’ai aussi le nez bouché, et je tousse beaucoup. J’ai l’impression d’avoir un rhume qui ne s’arrête jamais. Après une semaine, j’ai eu un début d’angine. Je dois me moucher toutes les cinq minutes et j’ai le nez sec.

J’ai aussi des phases depressives. De base je suis quelqu’un d’hyper sensible, je pleure beaucoup et facilement. Mais quand j’arrête de fumer, c’est encore pire parce que toutes mes émotions se mélangent. Et je n’arrive plus à les gérer. Donc je pleure si je suis très énervée ou très fatiguée. Je n’arrive plus à faire la différence et je me sens impuissante, incapable.

Je dois être honnête …

J’ai craqué. Plus d’une fois et jamais dans les situations qui m’inquiétaient. J’avais peur que la cigarette post-repas me manque ou que la cigarette avec le café me manque. Finalement, elles ne m’ont pas manqué. J’avais peur d’aller en salle fumeurs et finalement, ça va. Il y avait plein de situations qui me faisaient un peu peur et finalement, ce n’était pas les pires moments.

J’arrive à dépasser la faim, l’énervement ou la cigarette sociale. Je vais chez mon voisin, il fume et ça ne me dérange pas. Être dans la même voiture que quelqu’un qui fume ne m’incommode pas. Je peux manger un gros repas sans avoir une énorme envie de fumer juste après. J’ai des fringales mais ça va, j’arrive à ne pas fumer.

La première fois que j’ai craqué, c’était après avoir passé une journée à enchainer deception sur deception. Vous les connaissez, ces journées là, j’imagine. Je demande de l’aide à quelqu’un qui me dit oui pour se rétracter. J’appelle quelqu’un d’autre qui ne peut pas m’aider. Je me débrouille toute seule, je fais le tour du Koweït pour rentrer chez moi bredouille. Je me suis assise sur mon canapé et j’ai allumé une cigarette.

Depuis que j’ai pris la décision, j’ai fumé peut être sept ou huit cigarettes. Je ne les ai pas compté.

arrêter de fumer
Photo by Paweł Czerwiński on Unsplash

Le piège

Le problème, quand on fume une cigarette lors du processus d’arrêt, c’est qu’on repart de zéro. On doit se farcir tout le processus du manque de nouveau.

Toutes les cigarettes que l’on fume lorsqu’on arrête sont des balles qu’on se tire volontairement dans le pied. Parce qu’il faut refaire le processus : les premiers jours à penser à la cigarette, la sur-excitation, l’énervement, la faim. On repart sur le nez bouché et la toux. Il faut tout reprendre de zéro.

Et puis c’est difficile, aussi, de ne pas tomber dans le foutu pour foutu. C’est compliqué de rester concentré et de ne pas se dire que bon, j’en ai fumé une c’est trop tard, je peux en fumer d’autres, tant pis.

On peut craquer, on peut fumer une cigarette, c’est pas grave. Ce qui est important, c’est de ne pas fumer celle qui suit. Arrêter de fumer est un challenge. Et comme avec tous les challenges, on en apprend beaucoup sur nous même.

Ce que j’ai appris

J’ai appris par exemple que j’étais une sportive. C’est bête hein, mais la cigarette participait à maintenir ma santé mentale. Et maintenant que j’ai arrêté, je réalise la place que le sport a pris dans ma vie. Pour me sentir bien, je dois courir. Et comme je ne peux pas courir pour des raisons météorologiques, ça fait deux semaines que je fais mes séances … dans les escaliers de mon immeuble ! Je n’aurais jamais fait ça auparavant !

J’ai aussi appris à réguler ma faim. Disons que je suis en cours d’apprentissage ! J’avoue que je bois énormément de thé pour pallier à l’envie de sucré. Ce n’est pas vraiment de la faim, c’est simplement l’envie de manger. C’est difficile de lutter contre, je bois du thé et des cafés, ça aide un peu… Je sais que je vais grossir, ils disent qu’un non-fumeur pèse en moyenne deux kilos de plus qu’un fumeur. On va voir.

Conclusion

Ces six semaines n’ont pas été de tout repos ! Ca a été difficile, mais j’ai réussi à ne fumer qu’une seule cigarette pendant mes vacances – alors que fumer en vacances était dans ma liste des choses que j’adore faire ! Je préfère voir le bon côté des choses.

Je préfère voir les quelques échecs comme des points positifs. Certes j’ai fumé certaines fois, mais je n’ai pas repris vraiment la cigarette. Mon but, évidemment, c’est de ne plus jamais fumer. Même si je suis triste, même si je suis fâchée. Je veux pouvoir gérer mes sentiments toute seule, sans dépendre de la nicotine ! Vous me souhaitez bonne chance ? 😉

 

Separator image Publié dans Humeurs.

8 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Adel

    J’ai toujours détesté la dépendance c’est pourquoi peut être je me suis trouvé immunisé contre l’attrait d’une cigarette entre les doigts. À travers tes mots je vois beaucoup de courage et j’espère que tu vas tenir -au delà du pour ou contre le fait de fumer- simplement parce que tu le veux. Sans stress et bon courage 👍

  2. 3
    Audrey

    Courage Liz !
    Tu as commencé le processus et c’est j’imagine, le plus difficile.
    Ensuite,c’est vrai que si il y avait eu 0 cigarette fumée lors de ces 6 semaines d’arrêt cela aurait été mieux, mais c’est déjà très très bien et je ne peux que t’encourager à passer du côté des non-fumeurs une bonne fois pour toute !!
    Gros bisous !

  3. 5
    linemourey

    Difficile d’arrêter une conduite addictive sans la remplacer par une autre ! Et généralement, elles vont par 2 « café/clope ». Se questionner sur la place de la cigarette dans sa vie et tu le dis bien, ça t’aidait à te poser et gérer tes émotions ! C’est super intéressant comme début d’introspection ! Bon courage et continue comme ça ! C’est pas facile mais ton schéma du début est juste dingue ! Ca motive ! 🙂

    Line de https://la-parenthese-psy.com/

    • 6
      Eliz

      Merci beaucoup pour ton commentaire ! Je dois maintenant trouver quelque chose d’autre pour me poser ! Le plus difficile, c’est de ne pas arrêter de faire des choses (comme boire du café) juste parce que c’était associé à la cigarette ! Finalement, c’est un combat quotidien, dans chaque détails. Merci encore 🙂

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