Expatriation et prise de poids

Chaque pays a sa norme.

Chaque société a ses standards de beauté. J’ai l’impression, même si ça tend à changer, que la France prône la minceur. Au Koweit, c’est tout l’inverse : les femmes sont bien plus pulpeuses. Fortes poitrines et fesses généreuses sont à tous les coins de rue.

Mon rapport au corps

Je ne rentre pas dans les standards de beauté : j’ai des cuisses et des fesses généreuses tandis que le haut du corps est plus proche de la planche à pain. Je ne suis pas du type pulpeuse et Cristina Cordula me dirait que je suis un A. Pour être clair : je ne peux pas porter de combinaison ou de robes moulantes parce qu’il y a deux tailles de différence entre mes fesses et mes seins.

Et ce depuis toujours ! Au moins, je sais exactement ce que je peux porter (les jupes tailles hautes) et ce que je ne peux pas (les combinaisons)

Cependant, que ce soit de part ma taille, mon poids, ma pointure, ma taille de pantalon ou ma taille de soutien gorge, je suis dans la moyenne.

Le rapport que j’ai à mon corps évolue selon le pays dans lequel je suis. Je sais qu’en France, je ne suis pas considérée comme grosse ou maigre, je rentre dans les moyennes. Au Portugal, on m’a souvent dit que j’étais trop mince et qu’il fallait que je mange plus. Mais comme je n’y allais que pour des vacances, je n’ai jamais fait attention.

Et au Koweit…

Au Koweït, j’y habite, j’y travaille. Alors les standards de beauté, je les vis au quotidien. Et si je dois être objective : j’ai été plus regardée et draguée quand j’étais à mon poids le plus haut.

Ca n’empêche que je me sentais mal. Et vraiment, j’ai eu un électrochoc quand je suis revenue en France et que, pour la première fois, j’avais l’impression de ne plus être dans les moyennes.

Douze kilos plus tard…

Cependant, quand je grossis, ça ne se voit pas. Vraiment, ça ne se voit pas. Alors, un an après être arrivée au Koweit j’avais pas vraiment remarqué que j’avais pris plus de 10 kilos. Evidemment je me sentais serrée dans mes jupes et mes soutiens-gorges. Mais bon, j’ai pas eu besoin de dévaliser des boutiques de fringues pour refaire ma garde robe !

En décembre 2016, je viens en France pour fêter Noël, entre les marrons, la dinde, le foie gras et les buches, je me pèse.

Bilan : douze kilos en plus.

Douze kilos en plus, ça veut dire quinze kilos en trop pour moi. Je sais exactement comment c’est arrivé : entre les petits déjeuner tardifs en bord de mer, les assiettes généreuses toujours terminées, les smoothies ou Caramel Macchiato du goûter, les lourds dîners, les desserts de onze du soir, les jus…
Bref : toute cette nourriture ingurgitée allait bien se retrouver quelque part. Là pour le coup, elle est arrivée sur mes fesses, mes cuisses, mon ventre et mes seins.

Et d’un coup, j’ai compris le mal être que je me trainais : c’est pas normal d’être serrée dans ses jupes, c’est pas normal de rentrer le ventre toute la journée. Au début, j’ai acheté des vêtements plus grands, des vêtements à ma taille, mais voilà, je n’aimais pas mon corps. Alors, j’ai décidé de retrouver une silhouette que j’aime.

Comment j’ai perdu quinze kilos ?

Si tu veux perdre quinze kilos en un mois, zou ! File, change vite de page ! Quitte ce blog ! Ça m’a pris un an et demi. Mais je les ai perdu et je ne les ai pas repris.
Je n’avais pas d’objectif de perte de poids. Mon seul objectif : être bien dans mes pompes.

Pourquoi ?

Avant de vouloir perdre du poids, il faut essayer de comprendre pourquoi. Pourquoi j’ai pris du poids ? Pourquoi je veux perdre du poids ?
Après, attention, si t’es bien dans tes pompes, si tu te sens bien après avoir pris 10 kilos, vas pas faire une fixation pour les perdre !

Comprendre pourquoi on prend ces kilos est un véritable atout pour les perdre. Ca nécessite d’être honnête avec soi même et c’est la partie la plus difficile. Pendant dix jours, écris tout ce que tu manges et bois.

Je l’ai fait. Et je me suis rendue compte que malgré le sport que je faisais, je mangeais beaucoup trop.

Mon problème est là : je mange trop.

Pourquoi est-ce que je mange trop ? Est-ce que je mange mes émotions ? Est-ce que je mange par ennui ? Est-ce que les moments entre amis justifient de manger énormément ? Non, non et oui !

Ah ! J’ai la nourriture sociale apparemment ! Impossible pour moi d’être avec des amis sans manger.

Alors maintenant, je fais quoi ?

Eh bien, étrangement, mon premier choix a été d’arrêter de courir. Je suis une coureuse du matin et en notant ce que je mangeais, j’ai réalisé que les jours où je courais, je passais ma journée à grignoter.

Ensuite, j’ai décidé d’écouter mon corps et de ne manger que quand j’ai faim. Si je prends un repas à 17 heures, eh bien je ne dîne pas. Je ne dîne pas parce que je n’ai pas faim.

Il faut oublier les habitudes sociales en matière de nourriture. Ca ne veut pas dire que je m’affame : non, je mange uniquement quand j’ai faim. Je ne pars pas me coucher avec l’estomac qui grogne. Je ne repousse pas le déjeuner pour manger tard. Non, je m’adapte à mon emploi du temps et je mange seulement quand j’ai faim.

Quand il s’agit de voir des gens, c’est pareil, j’ai appris à dire non. Je ne suis pas obligée de prendre du dessert si je n’ai plus faim. Je ne suis pas obligée d’avoir mal au ventre à la fin du repas…

J’avoue aussi avoir énormément limité le sucre. Je n’ai plus de gateaux chez moi et si j’ai envie d’un dessert je fais en sorte d’avoir un dessert de qualité ! Si j’ai envie de chocolat, c’est une crêpe au chocolat chez Dip&Dip et rien d’autre !

Et pour ne pas regrossir ?

Une fois que j’ai perdu les dix premiers kilos, je suis retournée courir. Et les cinq autre kilos se sont envolés. Attention ! J’ai pas fait une fixation : je me pèse que très rarement. Par contre, je fais attention à comment je me sens.

Je sais désormais que je peux prendre douze kilos sans m’en rendre compte, je connais mieux mon corps et mes habitudes. C’est désormais ma façon de vivre : je m’écoute.

Pour faire simple…

Cherche à comprendre pourquoi t’as pris du poids.

Essaye d’abord seul : note ce que tu manges et ce que tu bois. Ensuite prends du recul et essaye d’analyser ta manière de manger. Si même après ça, tu ne comprends pas pourquoi tu grossis, vas voir un médecin, parfois on a besoin d’un avis extérieur.

Parfois il suffit simplement de changer quelques petites habitudes. Aujourd’hui, je suis arrivée à mon poids de forme : tant que je mange ce que mon corps veut, mon poids ne change pas ! C’est parfait, non ?

8 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Kenza

    Je tombe sur ton blog par hasard et c’est fou, ton article c’est le sujet du mois de Histoires Expatriées. Je ne sais pas si tu es tombée dessus encore, c’est un rassemblement de blogueurs expatriés autour d’un même thème chaque mois et ce mois-ci c’est le corps justement ! Tu veux le lien du groupe Facebook si ça t’intéresse de nous rejoindre ?

    J’ai aussi pris près de dix kilos ma première année au Canada, et ce n’étai pas facile à vivre une fois en France en effet!

    • 2
      Eliz

      Ah oui je voudrais bien le lien ! C’est marrant parce que je ne connaissais pas du tout et j’ai écrit l’article un peu par hasard 🙂

      Je trouve ça assez hallucinant les différents standards de beauté suivant les pays où tu vis… je crois que c’est une des premières choses que j’ai remarqué au Koweit !

  2. 3
    Audrey

    Coucou !
    Et bien, moi l’expatriation aux Etats Unis m’a fait tout l’effet inverse !
    J’ai perdu 12 kilos et je peux te dire que je ne me reconnaissais plus non plus. Ce fût une période très dure et j’ai mis pas mal de temps à reprendre les kilos perdus une fois rentrée en France. J’ai d’ailleurs un article sur le sujet en brouillon sur mon blog, mais c’est encore un peu dur pour moi de parler de certaines choses, du coup, je repousse la publication…
    Maintenant, je suis un peu au dessus de mon poids habituel, mais je ne me sens pas « mal » pour autant. Disons que je sais que c’est ma limite, et que là, je ne voudrai pas trop la dépasser.
    Comme tu dis, l’essentiel est d’être bien dans son corps !

    • 4
      Eliz

      Coucou Audrey !

      Perdre 12 kilos, c’est vrai que c’est énorme ! De toutes façons, c’est difficile de voir son corps changer quand déjà on change un gros pan de sa vie…
      Parfois ça peut faire du bien d’écrire sur des sujets qui nous sont difficiles… Alors même si c’est difficile, je t’encourage vivement à poster ton article 🙂

  3. 6
    Maëva's Mapa Mundi

    Ton article est vraiment intéressant et on découvre tout ton parcours. On peut dire que tu as de la volonté! j’ai quelques kilos à perdre, entre 15 et 20 kilos diront certains, mais j’avoue que j’ai surtout peur de mon départ aux US et que ça aggrave « mon cas ». J’aime l’idée que tu aies fait ton bout de chemin en presque deux ans.

    • 7
      Eliz

      Je crois que les US sont comme le Koweit ! Il y a tellement de nourriture partout qu’au début ça a un côté exaltant et très rapidement c’est écoeurant !

      Après, la perte de poids, je trouve que c’est vraiment un long voyage. C’est très difficile de voir son corps changer, d’un côté comme de l’autre. Je suis contente de les avoir perdus sur une longue période parce que du coup j’ai pris aussi le temps de chérir et d’accepter ce nouveau corps…

      Tu nous raconteras comment ça se passe aux US, hein 🙂

  4. 8
    Comment le Koweït m'a dégoutée de la fast-food - Liz in Kuwait

    […] En dehors du poids que j’ai pris, je me suis lassée. Ma mère nous emmenait parfois au McDo, il y avait des gâteaux dans le placard, des mousse au chocolat dans le frigo, elle cuisinait et on allait au restaurant. On a toujours eu une éducation correcte à la nourriture, nous n’avons jamais été interdit de quoique ce soit. Evidemment, ce n’était pas Mcdo trois fois par semaine, au même titre que nous ne mangions pas des bonbons chaque jour à la sortie de l’école. […]

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