La vie au rythme du Ramadan

 

Quand on vit dans un pays comme le Koweït, il faut se préparer à vivre au rythme de la religion. Evidemment, il y a les appels à la prière et les fêtes musulmanes dont on a pas l’habitude en France, mais le gros choc arrive pendant le Ramadan. Cette année ainsi que l’année dernière, le mois sacré a eu lieu en plein été. Comment on vit quand il fait 50 degrés et que manger ainsi que boire sont passibles d’une amende – voire de quelques jours en prison ?

Je ne vais pas faire de longs paragraphes pour expliquer ce qu’est le Ramadan car je ne suis pas spécialiste de l’Islam et que je ne suis pas musulmane (donc pas concernée). A mon sens, la religion et la foi sont des sujets tellement privés et intimes que je me refuse à en parler.

Il n’y a pas de bons ou de mauvais musulmans car le rapport à Dieu est très personnel et intime. Je ne vais donc pas faire la liste de ce qui est autorisé ou non car, finalement, je n’en sais pas grand chose et ça ne me regarde pas… Ce qui est important de noter est que le mois de Ramadan est considéré comme le mois sacré par excellence. C’est le mois du jeûne, un des piliers de l’Islam.

Un rythme de travail modifié

A l’école, dès l’année dernière, nous faisions des prévisions pour les dates du Ramadan. Elles ne sont données qu’après observation de la Lune, donc pas tellement prévisible au jour près. Il nous faut faire notre calendrier prévisionnel pour les évènement de l’année. Et on ne peut pas oublier le Ramadan car ce mois change tout dans le pays. Par exemple, on ne peut pas avoir l’autorisation pour le spectacle de fin d’année. Nous devions donc trouver un moyen de placer les dates avant.

De plus, les horaires sont aménagées, je passe de cinq heures de travail en classe à trois heures. Cependant, si les horaires sont aménagées pour nous, maitresses d’école, elles le sont aussi partout dans le pays : attention à ne pas se pointer à la banque aux horaires habituelles, vous avez beaucoup de chance de vous retrouver face à une porte close. Les restaurants sont tous fermés et ouvrent un peu avant l’iftar. (rupture du jeûne) Par respect, il est noté de ne pas boire ou manger avant l’heure dite.

Quelques jours avant le début du Ramadan, circule sur les réseaux sociaux cette note : si, pendant le mois de ramadan, vous êtes pris en train de boire ou de manger à l’extérieur, c’est 100KD (environ 300e) d’amende et le risque de finir le mois de Ramadan en prison. On ne boit pas, on ne mange pas et on ne fume pas à l’extérieur durant le mois sacré.

En ce moment, on atteint les 55 degrés en journée, alors je ne suis pas sure que même en dehors d’un mois de Ramadan, j’aurais envie d’aller me promener dehors.

Photo by Paweł Czerwiński on Unsplash

Le temps semble s’être arrêté

Mais, quand je regarde la promenade, elle est vide tout au long de la journée. Mon quartier semble être une ville morte : personne dans les rues. Les restaurants sont fermés, certains bakala (épiceries) le sont aussi, et beaucoup de commerces de proximités ferment leurs portes. Dans les centres commerciaux, certains magasins affichent de nouveaux horaires. Mon immeuble est silencieux, personne dans la piscine, mes voisins semblent absents. Les rues sont vides. Les parkings sont pleins.

Mais les supermarchés ouverts 24h/24 le sont toujours… Et à 15 heures, environ quatre heures avant l’iftar, les magasins sont remplis de gens qui vont faire leur course pour le repas. On cuisine oublier qu’on ne doit pas manger. On cuisine bien et beaucoup ! Pour avoir été invitée à quelques repas, il vaut mieux se préparer psychologiquement à manger beaucoup ! C’est très impoli de refuser de la nourriture.

Quand l’appel à la prière résonne dans le pays, c’est comme s’il sortait d’un long sommeil. On entend de nouveau les vrombissements des voitures, certains magasins fermés toute la journée ouvrent jusqu’à tard dans la nuit. Les restaurants se remplissent avec la nuit qui arrive, la promenade se remplit de nouveau. Les enfants jouent, certaines familles pic-niquent au bord de la mer. C’est comme une autre journée qui commence. Mais à la lumière de la lune, cette fois.

Moi j’aime bien. Peut être que c’est parce qu’il y a aussi une odeur de vacances qui flotte. Tout semble plus calme. C’est comme si j’étais touchée par une sorte d’état d’apaisement général. Je dis oui à ce qui est, et Inshallah à ce qui peut arriver.

Separator image Publié dans Koweit.

Quelque chose à ajouter ? :)