Histoire de voitures

Quand je suis arrivée au Koweit, une des choses qui m’a le plus marquée, ce sont toutes les belles voitures que l’on croise sur tous les parkings. J’envoyais tous les matins des photos à mon frère et à des amis de Porsche, Lamborghini, Camaro ou Dodge garées ici et là sur les terrains vagues qui servent de parking. Je me souviens être montée dans une vieille Chevrolet pour aller faire mes papiers. Un jour, un Koweitien m’a proposé de faire un tour dans sa Ferrari. Il m’a expliqué que c’était peut être la dernière fois que je pourrais monter dans une Ferrari.

La première rencontre

En rentrant d’Iran, j’ai rencontré un Koweitien dans l’avion. Nous avions discuté pendant tout le vol, puis à l’aéroport et nous nous étions revus plusieurs fois. Ce garçon roulait dans une Dodge Challenger SRT. Il l’avait achetée pendant ses études aux Etats-Unis et il avait traversé les Etats Unis d’Est en Ouest avec sa voiture. Il en parlait avec une très grande délicatesse, la plus belle histoire d’amour. Un jour, je suis montée dedans.

Je ne suis pas une grande grande fan de voiture. J’avais du mal à distinguer une Citroën d’une Renault quand j’étais gamine. Et toujours aujourd’hui, pour être honnête. Il m’arrive encore de me tromper. Ma première voiture était une petite Polo cinq portes. Parfaite pour la ville. J’ai toujours eu du mal à comprendre les conversations à table à propos des voitures de nos rêves… Ou de laquelle est mieux entre telle BMW et telle Audi. Moi, je ne connaissais que les Porsche et je ne suis pas capable de faire la différence entre une Panamera et une Cayman.

Et puis il y a eu ce jour où je suis montée dans la Challenger de mon ami. Je me suis assise dedans et je me suis promis qu’un jour, cette voiture serait la mienne. C’était en juin 2016

De la location …

La vie au Koweït est particulière car je ne sais jamais si je vais rester. Souvent, en janvier, j’ai envie de retourner près de ma famille et en Septembre je suis ravie d’être retournée dans le désert…

Je ne pensais pas tellement à acheter une voiture, car un crédit quand on a l’impression de n’être que de passage c’est une étape compliquée. C’est vraiment un énorme pas à franchir. Par peur de l’engagement, et parce que je suis une grosse feignante, j’ai toujours loué une voiture. Je la prends en Septembre et je la rends en Juin. Je suis assurée et quelqu’un m’appelle pour faire les révisions. Je paye chaque mois et je ne me pose aucune question.

Et puis un jour, dispute avec le loueur de voiture, j’ai décidé que je n’interagirais plus avec lui.

À l’achat.

Deux jours plus tard, j’étais chez le concessionnaire. J’y suis allée avec un ami. J’ai franchi la porte, j’ai pensé que je ne voulais pas d’une voiture trop puissante. Puis, je me suis dirigée vers la Challenger. Le vendeur m’a dit que, malheureusement, ce n’était pas un V8. J’ai répondu que c’était pas grave et j’ai pensé heureusement.

Je la voulais noire mat, mais il n’y avait plus que orange, gris metal et gris ciment. Evidemment, les couleurs pour les voitures ont des noms un peu plus exotiques, comme Mango ou Destroy grey. Quelques jours plus tard, je voyais la Challenger gris ciment sur le parking. Sale et encore couverte de ses protections, mon coeur a loupé un battement, mes yeux se sont écarquillés : pire qu’un coup de foudre.

J’ai dit à mon ami i love this car, j’ai dit au vendeur, i want this car. Le lendemain, j’étais face au banquier entrain de faire des blagues et de signer des contrats entièrement rédigés en arabe. J’ai entendu tout un tas de félicitations, congratulations, mabrouk ! Et ensuite il a fallu attendre.

Challenger kuwait
Mon bébé dans le désert <3

Le jour J

Jeudi 2 novembre, il est 18h10, je suis à l’aéroport. Je suis allée chercher mon ami qui revient de Dubaï, mon téléphone sonne : your car is ready, Elisabeth ! Au moment où je raccroche, mon ami s’approche de moi. Je lui souhaite un bon retour au Koweit et, je lui dis que ma voiture est prête ! Je parle vite et je suis contente parce qu’il m’a aidé pendant tout le long… et évidemment, je voulais qu’il soit présent le jour où j’irais chercher mon véhicule ! Le fait qu’on vienne juste de m’appeler, c’est le mektoub. Donc soit il a des choses à faire et j’attendrais samedi, soit il est ok pour y aller maintenant. Evidemment, il est beaucoup plus excité que moi, la question ne se pose même pas : on y va maintenant !

Vingt minutes plus tard, on est chez le concessionnaire. Quatre minutes plus tard, je suis au volant. Une semaine maintenant et pas un jour ne se passe sans que je pense que c’était la meilleure idée de ma vie. Acheter cette voiture, c’est accepter que le Koweit c’est vraiment chez moi, maintenant.

Separator image Publié dans Koweit.

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