La vie en ville

.Avec un ami expatrié, nous parlions de ce qui nous manquait le plus de la France. Il en est sorti que c’était de marcher. Se promener dans les rues, se balader vers nulle part. En effet, à Paris, il est possible de tout faire à pieds. Bien que pas parfaites, les rues sont fonctionnelles pour les piétons. La France est un pays où il est possible de se balader dans les villes.

Ici, en tous cas à Salmiya, se promener relève plutôt du domaine de l’exploit et de l’utopie. Je rêve d’entendre de nouveau cette merveilleuse invitation à la balade. Pourtant, nous sommes chanceux car il y a une promenade à côté de la mer, mais c’est le seul espace réservé aux piétons… On a vite fait l’aller et le retour, et il est difficile d’y découvrir des coins cachés ou des restaurants secrets.

Donc les rues sont pleines de voitures et les embouteillages sont légions. On s’habitue à vivre dans le bruit des klaxons, des grosses motos et des différentes Porsche et Maserati… Mais quand il s’agit de se déplacer, le piéton a plutôt intérêt à faire appel à un taxi. Avec les trottoirs défoncés, il est très difficile de se déplacer. Et honnêtement, avec toute la pollution, le plaisir de la promenade brille par son absence.

La voiture toute puissante

Donc, en tant que piéton, on remarque très rapidement les habitudes de ceux qui conduisent… Le permis de conduire ressemble un peu au Graal. Il faut batailler et le mériter, sinon… eh bien, on reste à pieds. La première chose qui m’a marquée ici, c’est l’espace accaparé par les voitures. Les terrains vagues sont des parkings et les trottoirs servent d’annexe à la route. Je pense qu’on peut se faire renverser sur le trottoir. Quand on est piéton, on est habitué à slalomer et à prier pour ne pas se faire écraser !

Vous connaissez le drive au Mcdonald’s ? Eh bien, sachez qu’il existe partout ici. On peut commander son smoothie ou son shawarma sans sortir de sa voiture et sans faire l’effort surhumain de se lever ! Non, il suffit de klaxonner, et hop ! quelqu’un prend la commande et revient quelques minutes plus tard avec les mains pleines de sacs. Tant pis si la rue est bloquée tandis que vos fruits passent dans le blender. De toutes façons, c’est sous le bruit incessant des klaxons que la nourriture est plus agréable à réceptionner.

Et des règles inexistantes

Et puis, quoiqu’il arrive : comment bloquer une rue lorsqu’il n’y a pas de règles ? Comme le permis est parfois – souvent – donné de manière aléatoire, les conducteurs ne sont généralement pas au courant du code de la route. Le portable au volant semble être une obligation pour conduire. J’imagine parfois la police contrôler ceux qui n’ont pas de téléphone. Les problèmes sur la route sont rapidement réglés. On double par la droite, on recule, on avance, on prend deux voies ou en créée une troisième.

Cependant, malgré les klaxons et le chaos ambiant, je n’ai jamais vu autant de calme et aussi peu de disputes. Les gens klaxonnent, mais il n’y a pas d’insultes ou de regards déplacées… C’est un chaos tranquille, sans stress ni pression.

La drague derrière le volant

Il y a quelque chose que les piétons ne connaissent que très peu, c’est la drague. Il m’est arrivé que très rarement de me faire accoster dans la rue depuis mon arrivée. Alors, quelles sont les techniques de drague ? Un coup de klaxon, puis le conducteur ouvre la fenêtre, fait un compliment, demande la destination, et propose de monter en voiture. C’est, ici aussi, dans la voiture dans la voiture que ça se passe. Vous pouvez montrer le bout de la rue, ou l’immeuble derrière vous, la réponse sera toujours la même : monte, je t’y emmène. Ici, de toutes façons, on ne drague pas les piétons, on drague celles et ceux qui roulent sur la file d’à côté.

Au Koweït, le week end commence le jeudi soir et le premier jour travaillé est le dimanche. Alors, dès le mercredi soir, les grandes artères sont pleines. Les garçons et les filles trainent dans leur voiture et créent des bouchons. Les garçons roulent doucement et ralentissent encore un peu plus à côté des voitures. Ils regardent avec attention par les fenêtres et les sens aux aguets, cherchent les jolies demoiselles. Les numéros s’échangent par les fenêtres et on se revoit durant le week end. Où ? Des les mall ? Dans la voiture un peu plus loin de la ville ? Je n’en ai aucune idée. J’espère secrètement que tout se passe à l’abris des regards indiscrets, dans l’espace restreint et clos de certaines voitures de luxe.

D’autres moyens de transport

Ceux qui ne sont pas en voiture ne sont pas non plus forcément à pieds. Il y a, évidemment, le hoverboard : une planche, deux roues, un moteur et c’est parti. Petite led colorée pour se faire repérer quand le soleil est couché. Certains poussent même le vice à rouler avec l’enregistrement d’un moteur. D’autres sont à vélo, et j’ai aussi vu, sur la promenade, des gens sur un vélo elliptique… qui avance ! On peut apparemment les louer et fini l’ennui de l’elliptique devant sa télé. Ici, c’est au bord de la mer qu’on fait son cardio sur sa machine.

Être un piéton au Koweït n’est pas quelque chose d’agréable. Ce n’est même pas une chouette façon de découvrir la ville… Alors, louez une voiture !

Separator image Publié dans Koweit.

2 Commentaires

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  1. 1
    Audrey

    Coucou,
    Pour ma part, je suis une ancienne expat (aux USA) et il y a aussi tant à dire sur les habitudes et meurs de nos amis ricains.
    Je vois en tout cas que pas mal de points ne me plairai pas trop au Kowait : je supporte très mal la pollution et les embouteillages ! La vie doit être bien différente de la vie en France !

    • 2
      Eliz

      Coucou !

      J’imagine en effet qu’il y a des tas de choses à dire sur la vie aux USA ! J’aimerais beaucoup y vivre… pour voir.
      Clairement, si tu ne supportes pas les embouteillages, ne viens pas au Koweit ! C’est pire que la pollution !

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